2011. Pays de Loire, Vendée, Charentes

 

CHAUMONT SUR LOIRE :

A peine installés dans un camping si bien nommé « la grosse grève », nous enfourchons nos vélos et partons à la découverte de Chaumont en empruntant le bord de Loire. Nous apprécions particulièrement les petites barques à voile ainsi que le bleu des toits du château sur le ciel gris. Ce dernier domine la vallée de la Loire et illustre à la fois l'architecture défensive gothique et la flamboyance de la Renaissance. Il a appartenu à Catherine de Médicis puis à Diane de Poitiers et enfin au Prince et à la Princesse de Broglie, avant de tomber dans le patrimoine de la Région Centre. Le Prince et la Princesse avaient modernisé le château et installé tout le confort moderne : chauffage « central », grandes cuisines, réserves, saloirs, appartements de domestiques (entre 40 et 110 personnes), ferme agricole et ...cimetière à chiens !!! Un vrai avec des pierres tombales...installé dans le parc en lieu et place du cimetière du village qu'il a fallu « évacuer » non sans multiples procès et demandes d'autorisations.

Les écuries ont été édifiées en 1877 et étaient les plus luxueuses et les plus modernes d'Europe à la fin du XIXème siècle. Les chevaux bénéficiaient de véritables « lavabos » pour s'abreuver, de stalles couvertes de protections, d'une cuisine spécialement dédiée à la préparation de leurs repas ! La sellerie renferme de luxueux harnais réalisés notamment par Hermès.

Dans le parc, le festival des jardins montre toute la richesse, le foisonnement et l'extrême diversité des plantes mises en scène de manière classique, design ou baroque selon les espaces, 26 au total, bien distincts les uns des autres, mais si faciles à visiter. Tout incite à la contemplation. Des bancs, des sièges insolites permettent des haltes plaisantes. Magiques, esthétiques, ces jardins sont sources d'inspirations et d'innovation artistique.

De retour au camping-car, Jean-Paul décide de regarder la télé. Notre antenne a souffert pendant le voyage en Afrique mais Jean-Paul l'a réparée avec succès. Euh....Enfin... Le voilà furieux qui déballe une caisse à outil ! Impossible de capter quoi que ce soit ! L'antenne se met en défaut....Après un bricolage acharné...L'antenne ne fonctionne toujours pas...Alors que nous disposons de 2 télés ! Un comble !!! J'essaie de me retenir de rire...Heureusement, pour la météo...Il reste l'Iphone !

Nantes : 

Quelle arrivée !!! Nous nous sommes perdus dans les quartiers et culs de sacs de Nantes à cause d'innombrables travaux de voirie ! Même le GPS ne retrouvait plus le nord. Le camping a bien changé depuis notre visite de 2007. Design, écolo, avec de multiples bungalow...Plus rien à voir vraiment. Côté tarifs non plus d'ailleurs !

Nous enfourchons nos vélos pour rejoindre Nantes par la piste cyclable...Dont nous ne trouvons pas le départ le long du camping ! Çà commence bien !!! Heureusement, deux policiers municipaux à vélo fourniront les explications nécessaires et le moyen d'éviter le plus possible la circulation. En effet, comme à Lyon, les pistes ne sont parfois que de simples traits sur la chaussée et, en aucun cas, un espace dédié. Et là, au milieu d'une circulation dantesque, j'ai copieusement rouspété !

Tout avait pourtant bien commencé par une ballade bucolique le long d'un bras du Cens puis de l'Erdre, sous les arbres en pourchassant des poules d'eau qui s'aventuraient sur la piste cyclable. Pour me remettre, Jean-Paul propose une bière au Lieu Unique. Il s'agit des locaux de l'ancienne biscuiterie LU transformés en centre d'art atypique avec des espaces dédiés aux créations, une librairie, une brasserie, un hamam et une boutique. J'ai acheté de superbes sacoches roses très kitch pour mon vélo. Lorsqu'on gravit la tour LU, une odeur gourmande de biscuits et de vanille flatte nos narines. Du haut de la plate forme, nous admirons Nantes : le château des Ducs de Bretagne, la Cathédrale St Pierre et Paul, l'ile Versailles...Ah NON !!! La pluie se met à tomber ! Nous ne sommes pas vraiment équipés donc nous fonçons vers le camping juste...Avant que le déluge ne s'abatte sur nous. Il durera toute la nuit.

Le lendemain, nous privilégions le tram car la pluie est encore de la partie. Nous décidons d'aller aux machines de l'ile. Dans l'atelier, situé en lieu et place des chantiers navals, eux aussi fermés, une équipe d'artistes construit un bestiaire étonnant, tout en bois et fer, entièrement animé et avec lequel on peut...jouer. On a le droit de toucher, de manipuler : génial !!! Imaginez une promenade sur le dos du grand éléphant (12 M de haut, 8 M de large, 50 tonnes d'acier et de bois de tulipier, carcasse irriguée par 3 000 litres d'huile hydraulique, moteur de 450 chevaux, vitesse de 1 à 3 KM/H))...Imaginez-vous dompter le serpent des mers, mi dragon mi serpent, manoeuvrer le poulpe géant pendant que le bernard l'hermite vous fait de l'oeil...Ce projet artistique nous offre une plongée dans le monde de Jules Verne.

Impossible de quitter le site sans une visite à la Grue Titan : immense grue qui se dresse sur le ciel pour rappeler le passé et les docks.

Place du Bouffay se dressait le tribunal et la fameuse prison de Nantes. En 1974, l'idée de faire revivre ce quartier a été lancée. Ainsi fut fondée la commune libre du Bouffay sur le modèle de celle de Montmartre. Elle est dirigée par un gouverneur-maire, a sa propre mairie et... sa propre vigne ! Le quartier est plaisant avec ses maisons médiévales ainsi que son passage Ste Croix qui traverse un ancien prieuré de bénédictins datant du XI° siècle.

La basilique St Nicolas lance ses flèches rénovées à l'assaut du ciel nantais. Elle a été construite à la place d'une ancienne église devenue trop petite en 1844. La maitrise d'oeuvre a été confiée à Jean-Baptiste Lassus, un collaborateur de Violet le Duc. Nous admirons l'envolée de la nef et les doubles collatéraux du vaisseau. Une impression de légèreté se dégage du tout...Pourtant sur le portail extérieur...deux anges font la tête !?! Nous n'aurons pas l'explication.

La brasserie de la Cigale offre une halte décalée. Construite en 1895, elle conserve son cadre suranné, ses magnifiques mosaïques, bronzes et vitraux dédiés ...la cigale bien sûr !

Le passage Pomeraye vaut à lui seul un détour. Magnifique galerie couverte créée en 1843, il développe sur 3 niveaux, occupés par des boutiques, un escalier monumental à la décoration ouvragée.

Mais quel est donc ce toit bizarre ? Tout carré, avec des trompettes qui s'élancent vers le ciel, c'est celui de l'église Ste Croix, laquelle a vécu une histoire peu banale. Son origine est obscure. La seule certitude est qu'au XI° siècle, elle était confiée aux bénédictins de Marmoutiers-les-Tours qui avaient là un prieuré. C'est en 1860 que l'architecte Driollet surmonte sa façade du XVII° du curieux campanile et du beffroi actuel; il s'agit en fait de celui de l'ancienne tour du Bouffay détruite en 1848., ce qui explique le côté insolite de l'ouvrage. La cloche, fondue en 1848, pèse 8096 Kg !

Notre dernière visite sera pour la cathédrale St Pierre et St Paul. Cet édifice est l'un des fleurons du patrimoine nantais. De style gothique flamboyant, elle a subi bien des vicissitudes : incendie de la toiture, chutes de pans entiers, bombardements, dégradations du porche. Elle est réhabilitée sans interruption depuis ...1434 ! Ce qui nous a charmé : l'air si gracile des piliers de la nefs qui s'élancent avec fierté à des hauteurs vertigineuses, ses lourdes portes en bois et la majesté et la puissance qui se dégagent de l'ensemble.

Noirmoutier :

Ne nous étant pas renseignés sur les horaires des marées, nous empruntons le pont plutôt que le passage du Gois, chaussée submersible, afin de rejoindre l'île. Longue de 20 km, large de 1 Km à la Guérinière, nous avons tôt fait d'explorer les endroits réservés au stationnement des camping-cars. Ici, qu'on se le dise : sera verbalisé tout camping-cariste stationnant hors des aires prévues à cet effet. Et c'est tant mieux !!! Il y a foule de camping-cars et les rues sont très étroites dans les villes. Nous boudons les emplacements spécialisés au profit d'un camping municipal à Noirmoutier en l'île. Les habitués ne se privent pas pour nous indiquer les bons plans visites, pêche et ballades en vélo. Ici, en effet, le vélo est roi et quasi prioritaire sur les voitures !!!

Pour notre premier soir, nous pédalons jusqu'à l'entrée de la ville pour acheter des huitres directement au producteur : un régal qui vaut bien 6 km aller retour !!! Nous apprécions de plus en plus le vélo ; à pied, nous aurions mis ¾ d’heure à parcourir la distance vite avalée en 25 minutes en vélo. Un saunier nous explique toute l'attention qu'il porte à la récolte de la fleur de sel, à son tri, encore manuel sur l'île, et aux difficultés dues aux caprices de la météo cette année.

La première randonnée cycliste nous conduira sur les pistes du nord de l'île.

Le bois de la Chaize abrite pins maritimes, chênes verts et mimosas pour certains en fleurs. Un régal pour les narines ! D'élégantes villas cossues se cachent dans le sous-bois : la bourgeoisie au XIXéme siècle prisait cette partie de l'île. Dans une anse bien abritée, la plage des dames étend son sable fin dans une courbe harmonieuse, soulignée par des cabanes de plage en bois. Elle tire son nom des druidesses qui cueillaient leurs branches dans le sous-bois voisin.

A travers des allées sinueuses, nous apprécions le charme des habitations : maisons basses, blanches aux volets de diverses teintes de bleu, roses trémières en façade. Nous évoluons dans un paysage de carte postale hors de la horde des touristes de juillet-aout. Dans l'échoppe d'une marchande de légumes, nous achetons les fameuses pommes de terre de l'île et nous échangeons sur l'incivilité de certains camping-caristes, les changements intervenus dans l'île et bien sûr cette désolante météo.

L'Herbaudière est un petit port de pêche et de plaisance. Il est animé par le va et vient constant des bâteaux colorés. Au détour d'une rue, nous découvrons une étonnante « oeuvre d'art » : un « bateau-baleine-maison » très coloré. Herman avec sa demeure du chaos ferait-il des émules jusqu'ici. 

Une piste à travers les marais salants nous ramène sur Noirmoutier en l'île. La jetée Jacobsen est idéale pour rejoindre le camping. Dédiée uniquement aux cyclistes et aux piétons, elle longe la réserve naturelle des marais de Mullenbourg, véritable refuge pour la faune et la flore sauvage si spécifique à l'ile. Fréquemment, au cours de la journée nous comparerons avec la Camargue que nous connaissons bien.

Bien sûr, pour nous remettre, une douzaine d'huitres est la bienvenue !

Le lendemain, nous explorons la partie sud. Le paysage change totalement : zones agricoles, marais salants en nombre, digue le long de l'océan, parcs à huitres polders et stupeur....Plus d'océan en vue ! Qui a vidé l'océan ??? A perte de vue, s'étendent la vase, le sable, les algues...Que se passe-t-il ? Et que font tous ces gens les pieds dans la vase malodorante ? L'un deux nous explique qu'aujourd'hui a lieu la « grande marée » : l'océan se retire très très loin et très longtemps, découvrant des Kms de fond, où les amateurs pratiquent la pêche à pied. Nous regardons les paniers de coquillages qui passent sous notre nez...Et au camping...Nous plaignons les pêcheurs qui passent beaucoup de temps à laver cette étrange cueillette alors que nous goutons un repos bien mérité.

Nous ? Pêcher dans la vase ? On ne connait pas donc...On achète au producteur ! D'ailleurs, il est l'heure de partir acheter nos traditionnelles huitres.

Bilan de ces 2 jours : 72 km en vélo en totale sécurité et dans un cadre enchanteur et un exploit en ce qui me concerne !

St Révérend :

Nous quittons l'Ile de Noirmoutier sous un beau soleil pour rejoindre Jacky à Saint Révérend. Sur le pont entre l'île et le continent, un drôle de claquement, à l'avant, attire mon attention. Une panne ?? Je tends l'oreille...Le tapement est régulier mais faible. Ce doit être les joints de dilatation de la chaussée. Voici que le bruit devient plus fort et plus insistant. "Jean-Paul, est-ce que tu entends comme moi ?" Il s'arrête et opère une tournée d'inspection : rien d'anormal à première vue. Nous repartons. Quelques kilomètres plus loin, le tapement est impressionnant. Jean-Paul pense aussitôt à un cardan qui lâche. La tuile !!! Nous nous garons sur une jolie place à Notre Dame de Mont, que la circonstance ne nous laisse pas admirer hélas. Il commence une recherche approfondie. La mine sombre, le voici qui me lance : " j'en étais sûr ! " " Le cardan?" "Non, un boulon de roue est parti et les autres sont presque complètement desserrés!" Pour mémoire, nous avions déjà subi cette avanie en revenant de Norvège ; ce qui avait déclenché un moment mémorable chez Hymer à Thann. Pour autant, nous n'avions trouvé le type de boulon nécessaire qu'à Lyon !

Les boulons serrés, nous repartons immédiatement ; le temps tourne et nous ne voulons pas retarder le rendez-vous avec notre ami. Le temps de s'installer à Saint Révérend au camping du Pont Rouge, nous rejoignons Jacky au Moulin de Gourmands. Ce dernier a été construit en 1842 et demeure le dernier des 6 moulins de St Révérend en fonctionnement. Lors d'une visite précédente, le meunier nous avait dévoilé tous les secrets du maniement de la voilure, de la gestion de la vitesse de meules chargées de broyer le grain et de le transformer en farine. Bien évidemment, nous avions ensuite rencontré le boulanger qui nous a initié à la fabrication d'un bon pain.

Cette fois ci, Jacky propose toujours la visite d'un moulin, mais d'un "moulin moderne". Avant de rejoindre le meunier, Jacky nous emmène à Apremont. Le site est beau, lové dans une courbe de la rivière. Ici a été tourné le film "les vieux de la vieille" ; d'ailleurs, l'enseigne de l'auberge rappelle aux curieux. Nous décidons de nous promener dans le jardin du château qui offre une belle vue sur la ville. Une femme peu amène nous hèle : " vous êtes dans un monument historique, il faut payer". Jean-Paul et moi faisons la queue...Lorsque Jacky nous informe que le parc est gratuit ; d'ailleurs, le bâtiment de la mairie en occupe un côté. Exact et logique ! Nous déambulons dans le jardin quelques minutes et ressortons. Une fenêtre claque dans notre dos et une voix "aigre" nous apostrophe :"vous êtes dans un site historique, il faut payer"! Encore et toujours la Cerbère. Je lui réponds que nous n'avons fait que traverser le jardin. " Même, il faut payer ! D'ailleurs vous êtes resté un moment" ! Payer pour le jardin?!?! Serions-nous au pays du backchich ? C'est illogique...Les hommes se fâchent et nous passons notre chemin. Que Cerbère nous poursuive si le coeur lui en dit...

Le moulin "moderne" n'a pas d'aile. Il démarre en...appuyant sur un bouton ! Et un ordinateur gère la vitesse des meules, la pression de broyage du grain ainsi que tous les mélanges de farine permettant aux boulangers de cuire leurs spécialités. La farine part soit directement en vrac dans un camion citerne soit à l'ensachage. Le meunier est passionné et passionnant ; quel plaisir de converser avec lui ! Nous oublions le temps dans la bonne odeur du grain et de la farine.

Le soir venu, nous découvrirons que les moules se cuisinent de mille et une façons dans un restaurant de St Gilles : la moulinière. Ici, les coquillages sont accommodés avec des mogettes (haricots blancs), du jambon de Vendée ( plutôt sec), du chorizo...bref...sur la cartes 20 recettes différentes mettent le gourmand dans l'embarras et ce n'est la troussepinette qui éclaircira son choix. Qu'est ce ? Une sorte de macération alcoolisée au goût prononcé de pruneaux, plutôt douce et agréable au goût.

Nous tenterons aussi la visite de la roseraie de Vendée : 8 000 rosiers, 950 variétés sur 3 hectares, avec une floraison échelonnée afin que de garantir l'enchantement du visiteur. Honnête, l'hôtesse nous avertit que, compte tenu d'un printemps exceptionnellement chaud, il reste peu de fleurs. Nous apprécions son avertissement, renonçons à la visite mais pas à la dégustation de délicieux confits et autres produits à la rose ! Gourmandise, tu nous perdras !!!

Ile d’Oléron :

Nous rejoignons Oléron sous un beau soleil. Première étape : stationner le camping-car pour 2 jours. Nous serons ensuite libre d'enfourcher nos vélos et de partir à la découverte de cette île,  dont l'écrivain Pierre Loti vantait les parfums, les couleurs changeantes et la faune. Autant le dire tout de suite, les aires spécialement dédiées aux camping-cars ne nous ont pas plus : trop de monde, stationnements à touche touche. Nous optons pour un camping à Boyardville, dans la forêt des Saumonards. L'accueil va être frais ! D'ailleurs quelle idée d'arriver à peine 5 minutes avant la pause méridienne !!! C'est bien connu : le camping-cariste ne respecte rien. Hum ! Hum !

Le gardien finit par nous ouvrir la barrière du camp et nous procédons à notre installation, sur le sable, dans une pinède. Le soleil étant au beau fixe, pas de risque d'enlisement...Enfin...A priori...

 Nous partons à la découverte de Boyardville dont le nom vient...Mais non ! Pas du fort ! Trop facile voyons ! Le nom vient des cabanes des ouvriers qui étaient installées pendant la construction...Oui : du fort ! Nous aurons tôt fait d'explorer le minuscule port de plaisance, de découvrir la boulangerie et l'épicerie/maison de la presse qui vend la carte des circuits de randonnées cyclistes. A part çà...Une sorte de galerie  aux poissons couverte et...Pas grand chose d'autre ! Tout est calme...

De retour au camping, nous marchons sur la belle plage des Saumonards. Beaucoup de pêcheurs à la ligne sont installés en bord d'océan. La période est propice à la pêche et la bataille faisait rage ce matin pour obtenir le meilleur emplacement : celui qui est le plus proche du passage des poissons ! Nous admirons le fort dans le soleil couchant. La ballade en vélo sera géniale demain !

Géniale ! Géniale ! Geignarde plutôt ! La pluie tombe sans discontinuer depuis le matin ! Impossible de mettre un pied dehors...Sauf entre deux averses ! On va finir par s'ensabler, c'est sûr. Jean-Paul reste pourtant confiant.

Le lendemain nous quittons Boyardville pour le continent. Soudain...Au moment de sortir de l'emplacement : le camping-car patine et s'enfonce dans le sable. Ouille !!! Nous n'avons ni la pelle, ni les plaques à sable, ni la sangle... Réfléchissons et observons le terrain... Là c'est plus dur... »Si tu peux amener les roues avant juste là, on devrait sortir ». Impossible d'avancer...Nous grattons le sable sous les roues pour atteindre une partie plus dure... « JP, laisse les roues bien droites et vas y mollo sur l'accélérateur »...Le camping- car avance lentement, lentement...Et ...Gagné ! Nous voici tirés d'affaire ! Après plusieurs minutes d'acharnement quand même. A l'accueil, le gérant du camp n'en revient pas ! Il a treuillé plusieurs véhicules ce matin...Mais pas le nôtre ! Eh ! Eh ! A la différence des autres, on connait bien le sable !

Rochefort et Marennes :

Nous décidons de consacrer notre journée à la cité de l'huitre à Marennes et au port de La Cayenne. Nous nous installons sur l'emplacement dédié aux camping-cars. Déception ! La cité n'ouvre qu'à 14 H...Que faire ? Jean-Paul propose de visiter le chantier de l'Hermione à Rochefort. Je boude un peu...Si on va là-bas, qui me dit que nous reviendrons à Marennes ? Ayant obtenu des assurances fermes de la part de Jean-Paul...Nous partons pour Rochefort.

Nous connaissons déjà cette ville créée par Colbert au 17° siècle pour l'avoir visitée en 2007. i nous L'état d'avancement du chantier de l'Hermione par rapport à notre précédente visite retient notre attention.

L'Hermione était la célèbre « frégate de 12 » (canons équipés de boulets de 12 livres) du Marquis de La Fayette. Elégante, légère, maniable, elle lui a permis, en 1779, de rallier l'Amérique, en pleine guerre d'indépendance. La frégate et le Marquis seront de retour 3 ans plus tard avec le brouillon de la Déclaration des droits de l'Homme. L'Hermione sera naufragée en 1793 au large du Croisic.

En 1997, une équipe de passionnés (charpentiers, forgerons, menuisiers et autres artisans) se mettent en tête de reconstruire l'Hermione à l'identique et de la faire voguer vers l'Amérique à nouveau. L'une de forme de radoub de l'arsenal est spécialement restaurée pour mener à bien la construction de ce trois-mâts de 45 mètres de long. Une dizaine d'années est prévue...Prévision bien optimiste puisque l'Hermione ne devrait prendre la mer qu'en...Juillet 2012 ! Nous admirons le travail de la forge, de l'atelier de cordage, la couture manuelle des voiles en rude toile, les menuisiers... Un Maitre sculpteur sur bois venu spécialement d'Angleterre façonne la figure de proue.

Retour à la Cité de l'Huitre.

Au cabanon d'accueil, l'hôtesse nous conseille une balade en vélo dans les parc à huitres avant de rejoindre l'ostréiculteur pour la visite des claires et des cinq autres cabanons thématiques. Pour les moins courageux, une navette est à disposition.

La ballade en vélo est enchanteresse à travers les claires. Les cabanes multicolores longent le chenal. A l'Aventure de l'Huitre, les scènes de la vie courante sur le bassin sont diffusées dans des cabanons-spectacles. Nous apprécions tout particulièrement la Cabane Dorée. Il s'agit d'un bar à huitres où sont dévoilées différentes manière d'accommoder le mollusque.

Après un petit tour sur la jetée de La Cayenne, il est temps de déguster notre traditionnelle douzaine d'huitres !

Tonnay-Charente :

Stéphane et Annie nous attendent en début d'après-midi ; nous avons donc le temps de musarder  Tiens, quel drôle de nom : Montierneuf ! Ce prieuré est pourtant...quasi en ruines. Il a été bâti au XI° siècle par des moines bénédictins. Un corps de logis et la porte fortifiée ont été restaurés ; pour le reste...

Un insolite pigeonnier attire notre attention. Cette construction est imposante, visiblement de style renaissance. Nous découvrons qu'il pouvait contenir 2959 boulins (sorte de nids artificiels normalement en argile) tous en pierre de taille, ce qui est très rare, et une colonie de 6 000 pigeons. La taille et l'opulence des pigeonniers étaient fonction de la richesse de leur propriétaire. Je vous laisse estimer....

Autre curiosité : un rond point vers Trizay. Un immense moine au visage expressif tend vers le ciel un vitrail. Son expression est magnifique, poignante. Pourquoi orne-t-il le rond point ? Simplement en référence à l'abbaye de Trizay. Bâtie elle aussi au XI° siècle, elle a été détruite au XVI° lors des guerres de religions, puis abandonnée au XVII° avant d'être classée patrimoine historique en 1920. Elle se visite ; en ce qui nous concerne, ce sera pour une autre fois.

Nous voici à Tonnay-Charente sur l'aire de stationnement des camping-cars. Nous constatons que le camping est définitivement fermé....Mais la commune a construit une aire pouvant accueillir une quinzaine de camping-cars. Pendant que nous « faisons les services », d'autres camping-caristes engagent la conversation. Nous découvrons qu'il s'agit, pour partie d'habitués, de cette aire. Les discussions vont bon train...Agréable moment d'échanges...Le temps passe...13H30 sonne...Si on préparait l'apéro ? Tiens une voiture se gare devant nous. Et voilà la souriante Annie qui s'inquiétait de notre sort. Nous convenons de la rejoindre après notre déjeuner tardif...Lorsque...Au fromage....Déboule Stéphane ! Quel plaisir de se savoir attendus !

Une des curiosités de Tonnay est le pont suspendu, plus exactement : le pont transbordeur. Construit en 1842, long de 204 mètres, il enjambe la Charente grâce à une série d'arches suffisamment élevées pour permettre le passage des navires. Tonnay était en effet une ville industrielle et commerciale réputée. Elle garde de ce glorieux passé nombre de belles demeures bourgeoises le long de ses quais.

Dans l’église, sous nos yeux ébahis, un passionné patient restaure un bas-relief à l’aide d’un petit pinceau, pendant ses loisirs.

Stéphane nous racontera bien des anecdotes sur sa ville et son passé. Puis avec Annie, nous parlerons de voyages...En camping-car bien sûr ! Nos amis sont de grands voyageurs. D'ailleurs, jetez donc un œil sur leur site : www.periple.org.

Grâce à eux, nous aurons le plaisir de rencontrer Bruno, le webmaster du « meilleur et jamais égalé » site internet pour camping-caristes : www.campingcar-infos.com.

Ainsi s'achève notre vadrouille en Vendée et Charentes : riche de découvertes, de moments conviviaux partagés et de gastronomie !

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