2013. Cahors Biarritz Carcassonne

Cahors Biarritz Carcassonne

Février 2013 :

Rejoindre Biarritz de Lyon est désormais chose aisée avec la nouvelle autoroute. Pour autant, nous avons décidé de nous détourner pour rejoindre notre amie Marie-Pierre. Elle habite à l’année son camping-car en compagnie de sa fille et sillonne les routes de France et de la péninsule ibérique.Rendez-vous est pris pour la fin d’après-midi sur l’aire de camping-car de Donzac (82).

Nous voici bien trop en avance aux abords de Cahors. Une visite s’impose…Nous nous garons facilement Place de Gaulle à Cahors.

Cahors :

Construite dans un méandre du Lot, Cahors est une ville riche de beaux monuments datant de l’Antiquité et du Moyen-âge. La vieille ville n’en finit pas de nous perdre dans ses ruelles tortueuses à souhait que nous parcourons nez en l’air et appareil photo au poing pour admirer les riches hôtels particuliers.

La ville est en travaux d’embellissement. Les infrastructures sont à notre avis très réussies avec une succession de grands espaces ouverts, de jardins secrets, intimistes, qui abritent des œuvres d’art. Ils sont conçus un peu sur le modèle des jardins moyenâgeux, c’est à dire en carrés bien délimités par des bordures en osier tressé.

Nos pas nous conduisent, par une belle promenade le long du Lot, au célèbre pont Valentré, classé au patrimoine de l’Unesco et emblème de la Ville. Sa construction a débuté le 17 juin 1308 pour se terminer entre 1355 et 1378, difficile de trouver la date exacte à cause d’une …Diablerie ! Voici l’affaire...Ou une de ses versions !

L'architecte, ne pouvant venir à bout de son oeuvre, a contacté Satan. Un pacte est passé entre eux deux : Satan s'engage à l'aider, par tous les moyens, et à lui obéir, quelque soit l’ordre reçu, en contrepartie, le travail fini, l'architecte paie de son âme. Mais si le démon, pour une cause quelconque, refuse d’aller jusqu'au bout, tous ses droits sont perdus.  La construction avance à toute allure avec un tel associé !

Quand le pont a été presque fini, l'architecte songe au pacte et réfléchit à un moyen d’éviter un sot marché et de sauver son âme. Il apporte alors au diable un crible (sorte de tamis) et lui dit : « Ami, je t'ai trouvé docile jusqu'ici, et tu sais que tu dois l'être jusqu'au bout. Prends ce crible, laisse-le tel qu'il est et emploie-le à puiser de l'eau que tu porteras aux maçons pour délayer la chaux. »

Le diable se mort les lèvres de dépit et obéit cependant. L’expérience échoue vingt fois. Jamais un crible n'a gardé d'eau !

Confus, le diable avoue sa défaite, mais, furieux, jure de se venger.

Peu après, lorsque les maçons ont presque achevé la tour du milieu, ils en trouvent l'angle supérieur nord-ouest abattu. Il leur sera à jamais  impossible d'achever cette tour. Depuis cette époque, le pont Valentré s’appelle aussi pont du diable.

Il n’en demeure pas moins fort élégant avec ses 6 arches principales, ses 3 tours carrées à 3 étages et 2 châtelets, même si celui de l’ouest a presque disparu.

Malheureusement la cathédrale St Etienne est fermée. Nous admirons ses magnifiques coupoles et gargouilles, déambulons dans son cloitre gothique flamboyant et… Au détour d’une rue… Découvrons une étrange horloge avec un mouvement à balancier et à boules, à l ‘exactitude parfaite…Il est temps de rejoindre Marie-Pierre.

L’aire de Donzac est très agréable, au bord d’un lac dans lequel nagent des familles de colverts. Autour d’un bon vin et d’une rillette d’autruche, Marie-Pierre parle de ses projets ; après un an d’errance, elle souhaite se stabiliser dans la région, reprendre un travail et a candidaté à la reprise d’un multi-services avec accueil de camping-caristes.

A l’heure où j’écris ces lignes, le projet s’est concrétisé. Amis camping-caristes, Marie-Pierre vous attend dans son multi-services/aire de camping-car à St Georges (47370). Vous trouverez une mine d’infos sur la région, de la joie et de la bonne humeur.

Espelette :

Le lendemain, sous une pluie battante, nous rejoignons Espelette. Vu la taille du parking…Il vaut mieux venir hors saison !

Quel charme !

Malgré la grisaille, toutes les maisons aux pans de bois coupés colorés de rouge se parent de guirlandes de piments. Les couleurs du pays basques sont à l’honneur : rouge, vert, blanc.

Alors ce piment justement ? Oh…juste un petit fruit rouge d’origine…Mexicaine ! Ramené par…Un marin…Pas n’importe lequel ! Un Basque ! Oui mais…Pourquoi une telle dévotion ?  Au XVI ° siècle, le poivre est très cher. Aussi, les femmes, toujours ingénieuses lorsqu’il s’agit de faire bouillir la marmite, utilisent le piment en lieu et place du poivre pour conserver les viandes, agrémenter les recettes basques ( piperade, axoa…).

A l’heure actuelle, 10 communes cultivent le piment Gorria. Les plants sont semés en hiver, récoltés manuellement à partir d’août, puis séchés et déshydratés. En bouche ? Un goût bien présent, tout en finesse et…douceur ! Le comble pour du piment !

Attirés par une odeur puissante de cacao, nous poussons la porte de la chocolaterie Antton….HUM ! Ganaches et pralinés aux saveurs exquises, chocolats au piment d’Espelette…HUM!!! Et visite privilégiée du laboratoire puisque…Nous étions seuls à la boutique !

On rejoint Biarritz avant la pluie ?

Biarritz :

A l'aire de camping-car, nous avons privilégié le camping « Biarritz camping ». Un beau camping, avec des prestations très correctes, le bus au portail et surtout un accueil des plus agréables…Que nous allons malheureusement tester dès notre arrivée !

Il pleut depuis des jours…Le camping est composé de terrasses herbeuses…Nous sommes accueillis par un superbe soleil…Nous choisissons notre emplacement…A la vue de certains, plus que labourés, nous estimons le sol très meuble…Donc…Notre choix se porte sur l’emplacement qui nous semble le plus sec, le plus stabilisé et bien à plat.

Installation…Marche avant…Tout va bien…Oui mais…Le camping-car est un peu en pente : ce serait bien de caler…Installation des cales…Marche avant, 1ere enclenchée...Et là…ZZZIIIII ! Ah Bon ?!?! … Deuxième tentative : ZZZZIIIIIIII… Nada ! Nous voici…Enlisés…Embourbés ! Et plus en pente que précédemment !!!... Direction l’accueil : «  Pas de souci. On a une sangle et un 4X4. On va vous sortir de là. Il faut juste attendre le collègue une demie-heure ». Une demie-heure plus tard…Nous voici sortis de la boue…Oui mais…Le conducteur du 4X4 estime que nous devrions nous mettre ailleurs, sur un emplacement qui « égoutte » mieux. Nous suivons son conseil. Il nous accompagne vers un nouveau stationnement où…Pour un peu…Nous nous embourbions à nouveau !

Biarritz nous a séduits ! Cette ville se découvre à pied, au rythme de la marche, nez en l’air ou le long du front de mer. Station balnéaire mythique popularisée par Napoléon III, elle reste une villégiature prisée des grands de ce monde. Nous avons particulièrement apprécié la Chambre d’amour, petite esplanade intime au dessus de l’océan, ombragée par des frondaisons millénaires, et le port des pêcheurs avec ses vieux bateaux typiques et ses « crampottes » : une soixantaine de cahutes aux volets verts, bleus et rouges, pour certaines agrémentées d’une terrasse. Moment magique et hors du temps…

Bien sûr, nous avons déambulé sur la Grand Plage, admirant les surfeurs, grimpé au phare pour jouir d’une vue magnifique sur les falaises marneuses, pris d’assaut  le plateau de l’Atalaye, nous sommes recueillis au rocher de la vierge pour ensuite déguster les fameux macarons de la Maison Adam, fondée en 1660.

En 1660, justement, Louis XIV décide d’épouser l’Infante d’Espagne à St Jean de Luz. Les jeunes époux succombent à une friandise créée spécialement pour cette royale occasion par Mr Adam: les macarons. Rien à voir avec ceux qui envahissent nos étals actuellement. Ces fameux macarons de Mr Adam sont une pâtisserie ronde, plate, de couleur beige-dorée, moelleuse et fondante, à déguster sous huitaine et dont le secret de fabrication est jalousement gardé. Les macarons sont réalisés à base de poudre d’amande et de sucre, mêlée à des blancs d’œuf montés en neige.

Une curieuse villa attire notre attention : la villa Belza dans le vieux port. Etrange histoire que celle de cette demeure au passé tourmenté. Je me contente de rapporter son histoire par copie d’un site dédié.

« Son histoire commence en 1825 lorsque le cultivateur Dominique Daguerre, propriètaire de " Trespots", lors d'un échange avec la commune, obtint ce champ curieusement implanté sur les rochers. Son fils Etienne vendit ce "cassaou de Trespots", également appelé " champ du rossignol " au notaire Alexandre Dihinx. Après sa mort, deux autres propriétaires se succédèrent. Le " champ du rossignol " resta vierge de construction jusqu'en 1882, date de sa vente à Ange Dufresnay, directeur général de la compagnie d'assurances le Phénix à Paris. A cette époque, le terrain était clôturé par un baradeau avec quelques tamaris. Un sentier permettait d'en faire le tour. Les Biarrots ne se privaient guère d'aller pêcher ou flâner le long de ce pittoresque chemin. La construction de la maison fut confiée à l'architecte Alphonse Bertrand secondé par l'entrepreneur A. Joly. N'étaient son spectaculaire donjon néomoyenâgeux et sa tourelle en poivrière construits par Dominique Morin en 1889, la villa de plan rectangulaire serait, somme toute assez banale.

Sa situation insolite sur les rochers, sa proximité avec le "Pont du Diable ", son nom de " Belza " signifiant noir en basque, en ont fait pendant des décennies l'antre du mystère, alimentant les légendes les plus folles de sorcellerie ou de revenants.

En 1908, le cinéma mit à profit ce site exceptionnel pour servir de décor à diverses scènes de films.

En 1923, la propriétaire Mme Dufresnay loua la maison à Grégoire Beliankine, beau-frère d'Igor Stravinsky. Il reconvertit la villa en restaurant russe, mais ne pouvant utiliser le nom de Belza, il l'appela le Château Basque. Des dîners de gala somptueux s'y déroulèrent . Il y eut la fête russe et la fête japonaise auxquelles succèdèrent la fête de Neptune et celle de Bacchus. Pour les nuits d'Afrique, le jardin devint forêt vierge. Rien n'y manquait, ni les lianes, ni les animaux exotiques, depuis le gorille jusqu'au boa enroulé autour d'un...tamaris.

En 1926, les choeurs cosaques firent entendre tous les soirs les airs populaires russes, après quoi, sans transition, on dansait le charleston avec frénésie.

Le Prince de Galles, futur Edouard VIII, était un adepte convaincu de ses soirées. Les grands-ducs russes se croyaient revenus au pays et s'en donnaient à coeur joie. En 1927, entièrement rénové, le cabaret reçut ses clients dans une salle transformée en auberge campagnarde du XVIIe siècle, à l'époque des mousquetaires, avec du mobilier Louis XIII,des murs tapissés de tentures rouges... Le krack boursier de 1929 n'empêcha pas la fête de continuer mais rien ne serait plus comme avant et le pire était à venir.

Après avoir été réquisitionnée en 1940, elle fut restaurée et divisée en 7 appartements. Mais la discorde entre les copropriétaires fut à la base de la dégradation de la Villa Belza qui subit un premier incendie. Elle fut rachetée et la tour restaurée, mais le 8 Juin 1974, un second incendie ravagea la maison détruisant les deuxième et troisième étages. Il y eut des procès interminables, des lenteurs administratives, la maison resta ouverte à tout vent, vite squattée.

Mais, le miracle se produisit : un marchand de biens parisien racheta tous les lots et rénova la maison qui menaçait ruine.

En 1997, la Ville a classé la Villa Belza… »

Un terme à sa sombre histoire ???? Le mauvais sort est-il conjuré ?

Carcassonne :

Conquis par Biarritz et attristés de notre trop court séjour, nous rejoignons Lyon par Carcassonne. Nous arrivons bien tard sur l'aire dédiée aux camping-cars. Sécurisée par une barrière, éclairée toute la nuit, spacieuse, elle sera une halte idéale car proche de la cité. Pour le reste...à vous de juger !

Carcassonne séduit par son ensemble médiévial restauré par Violet le Duc au XIX° siécle. Dans un froid piquant, nous déambulons dans des ruelles quasi vides à cause de l'heure tardive ou de la saison. Cependant, cédant à la tradition gastronomique, nous achéterons un succulent cassoulet pour notre repas du soir agrémenté d'un vin du Pays d'Oc : un Chateau Lengaran, cuvée de la Lionne.

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