2012. St Guilhem, Valmagne, étang de Thau, Port Camargue

11 mai 2012. St Jean du Gard:

Enfin....14H 30 ! Le camping-car vrombit...Sous la chaleur,  nous quittons Lyon direction Sud Sud Ouest..Cap sur...St Jean du Gard ! La météo annonce les saints de glace...Le thermomètre affiche 35° et la clim fonctionne à fond !...Pour la glace ...Les Saints ont tout faux ! 

C'est avec plaisir que nous retrouvons le gérant de l'agréable camping de la Vernède. Après quelques échanges, nous trempons nos pieds dans l'onde fraiche du gardon. L'air embaume la rose, l'iris et l'acacia. Les oiseaux s'égosillent à coeur joie... Que demandez de plus ?

12 mai 2012. St Ghuilhem le Désert :

Les courses terminées, nous prenons la route des gorges de l'Hérault pour rejoindre St Guilhem le Désert. Cet itinéraire est sauvage ; la route étroite mais nous découvrons des lieux préservés : la Croix Caderie, le col de Rédares, St Hippolyte le Fort et le temps d'une pause...comme un clin d'oeil ... Viol le Fort ! Je vous promets que ce n'est pas un effet de la chaleur ! Pour nous dégourdir les jambes, nous arpentons les ruelles désertes de Viol, bourg médiéval qui s'enroule tel un escargot au our de son église. La chaleur aura raison de nos hardeurs ! 35 ° : c'est bien trop pour ce début de mai !

Nous voici enfin à Aniane, sur l'aire de stationnement du pont du diable. Quelques intrépides se jettent des piles du pont dans la rivière ; nous les admirons tout en frémissant à la pensée de l'éventuel accident ! Plonger d'une telle hauteur n'est pas sans risque et formellement interdit !

St Jean de Fos toute proche attire nos pas. Cette cité est dédiée toute entière à la poterie. Nous déambulons d'ateliers en ateliers lesquels sont parfois nichés sous de fraiches voutes. Un délice par rapport à l'écrasante chaleur du dehors. Demain, nous avons choisi de randonner en boucle autour de St Ghuilhem. Compte-tenu de la température, nous préparons nos sacs le soir même afin d'être à pied d'oeuvre tôt le lendemain matin.

13 mai 2012. Randonnée autour de St Guihem le Désert :

Fichu réveil !!! 6H du matin : il sonne sans aucune pitié pour notre sommeil de vacanciers. J'ai beau bougonner : quand faut y aller, faut y aller ! 7H30 grand départ pour rejoindre St Guilhem. La 1ere navette est à 11 heures, soit bien trop tard pour les marcheurs ! Nous nous engageons sur le chemin de St Jacques de Compostelle qui relie St Ghuilhem à 4 Kms de là. Nous progressons vite et en une heure la distance est parcourue. De là, le sentier s'élève en pente douce le long du château de Verdu (en ruines) et rejoint l'hermitage et la chapelle Notre Dame de Belle Grâce et Lieu Plaisant. La voici, dans une courbe du chemin, adossée à la muraille, havre de paix et de tranquillité. Un hermite résiderait ici. Nous posons nos bâtons de marche et découvrons le site...à pas de loup...en chuchotant. Sait on jamais ! Pas question de froisser l'hermite ! Nous reprenons notre progression vers le Cap de Ginestet...Lorsque...Dans la montée...Plus de souffle !...Plus de jambe !...Plus rien ! J'ahane comme un vieux baudet sous la charge. Un coup de grisou me prend ! Qu'est ce que çà signifie ? Nous nous entrainons régulièrement ; alors...Pourquoi cette panne ??? J'enrage ! D'autant que Jean-Paul file à fond de jambe en sifflant ! C'en est trop ! Où est mon second souffle ? Pourquoi ma respiration est-elle si difficile ? Ma gorge cotonneuse ? ...C'est la « vieillerie » ? ...Depuis 3 heures en fait, nous cheminons à travers la garrigue en fleurs : genets, romarins, thyms, ifs, immortelles... Mille senteurs assaillent mes narines et mes sinus...s'engorgent ! Enfin au Cap, nous descendons à travers les pins de Salzmann et mes allergies se calment ! OUF ! Nous rejoindrons le chemin de compostelle le long du cirque du bout du monde. Dans la falaise de la bisonne, les choucas dansent un étrange ballet que nous observons attentivement. En fait, la falaise abrite leurs nids ; les oiseaux vont et viennent pour apporter la becquée à leurs oisillons.

Après 7H passées dans la montagne, nous voici de retour à St Guihlem...Envahie par des hordes de « grouillots » !!! Impossible de marcher ! Qu'est ce que çà doit être en pleine saison ?! D'une rafraichissante fontaine jaillit une eau claire. Celle contenue dans nos gourdes est chaude. Nous sortons avec joie nos kuksas et buvons à la régalade. Pour rentrer au ccar, nous prendrons la navette. Nous nous arnachons de nos sacs, empoignons nos bâtons et 300 métres plus bas...Mes lunettes ? J'ai oublié mes lunettes à la fontaine ! Je remonte en courant...fouille le site, regarde dans le bassin...Rien ! Nada ! Disparues, envolées mes lunettes de rando, mes belles Julbo aux verres photochromiques ! Là, je vieillis vraiment...Moi qui ne perdais jamais rien !!! J'enrage...Contre moi...Contre... les gens qui sont malhonnêtes, la chaleur, contre...Tout ! Là !  Reste plus qu'à rejoindre Montpellier demain pour acheter une autre paire ! La réverbération sur la pierre blanche est telle qu'il est impossible de se passer de lunettes.

14 mai 2012. Abbaye de Valmagne. Mèze :

Après une nuit paisible, au cours de laquelle les grenouilles et crapauds ont rivalisé de croassements, nous quittons le pont du diable. Le contre-temps modifie tout notre programme ; au-lieu de rejoindre St Martin de Londres pour une nouvelle randonnée, nous voici dans la basse vallée de l'Hérault. Puisque c'est ainsi, inversons donc notre programme et visitons l'abbaye de Valmagne.

Cette dernière est cistercienne (XIIème-XIVéme) et présentée comme l'une des plus belles et des mieux conservées de France.L'église gothique majestueuse, le cloitre à la lumière rose et son bassin, la belle salle capitulaire constituent un enchantement...Hélas gâché par une personne bien acâriatre ! Figurez vous que sur le site un tournage est en cours avec un musicien de l'orchestre de Montpellier.  Nous admirions les immenses foudres entreposés dans l 'église... ?!? Non... Là je ne radotte pas ! Explication : Valmagne était un domaine viticole tenu par les moines. Lors d'une guerre (je ne sais plus laquelle), les moines ont évacué les caves et empillés les foudres de vin dans l'église. Ce ui a permis de sauver l'édifice de la destruction, soit dit en passant. Donc...Nous admirions les foudres dans l'église et l'immense croix en cep de vigne ; la dame nous demande de patienter 5 minutes avant de pénétrer dans le cloitre. Nous acceptons et patientons...5 puis 10 minutes...puis....Flûte ! On a payé la visite ! On est client donc on a des droits ! Nous pénétrons dans le cloitre et...déclenchons les foudres ( c'est de circonstance) de la mégère. Nous avons tous répliqué vertement et de mandé une réduction sur le billet d'entrée..Et d'abord si elle était organisée, le tournage aurait eu lieu pendant la fermeture méridienne !. Nous profitons donc sans vergogne du magnifique cloitre, des rosiers et de la fraicheur du bassin. Pour ressortir, nous empruntons la sortie de secours, par respect pour le violoncelliste. J'ouvre précautionieusement la porte ...GGGNNNNIIIII...GGGNNNIIII...Flûte! Les gonds de la porte ont grincé..Je suis foutue si la mégère déboule..Coup d'oeil circulaire... Rien en vue. « Peuvent même pas grincer les portes ici !!! » Nous débouchons secoués de rire dans la salle de dégustation...que nous ne ferons pas puisque personne n'est dédié ce jour là. Après le tour du jardin médiéval, nous rejoignons Méze et une étape France Passion chez un conchyliculteur. Une envie d'huitres peut-être ? La nostalgie de la Charente ? La curiosité : procède-t-on de la même façon au bord de l'Etang de Thau qu'à l'océan.

Nous arrivons...derrière chez personne ! Sur un parking calme, ombragé, avec une belle vue sur l'étang. Nous sonnons à l'exploitation pour nous annoncer...Personne !... Nous nous promenons le long de l'étang lorsqu'un labrador vient nous souhaiter la bienvenue. Nous retournons sonner ou plutôt interphoner. Une voix répond : «  Installez vous. A ce soir. » « Peut on acheter des huitres ? » «  A ce soir »... ?!?!... bon ben dans ce cas...Après quasi 2 heures d'attente, Jean-Paul n'y tient plus et retourne sonner ! Stupeur du propriétaire... qui nous découvre ! Il allait fermer l'exploitation ; c'était moins une pour notre repas d'huitres extra fraiches. Il nous fait aussi découvrir le Picpoul de pinet, un vin blanc de la région et les fameuses tielles. Ce sont de petits pâtés remplis d'une farce avec poulpes, calamards etc...qui se dégustent chauds soit à l'apéritif, soit en repas avec une salade verte. C'est drôlement bon.

Un petit mot sur Facebook pour que les copains nous situent et ...Apéro... FB sonne... » Vous êtes à Mèze ?!? » demande Claude. Peu après, voici un 4X4 blanc qui se gare à nos côtés. Il y a de place : il est gonflé de nous coller !!! Mais...Claude surgit du véhicule tout sourire...Que c'est bon de revoir des copains avec qui ont a milité ! Nous avions oublié où il habitait et voici que le hasard nous conduit à 10 minutes de sa porte. RDV est pris pour le lendemain soir.

15 mai 2012. Mèze :

Le bord de l'étang doit être sympa en vélo. Allons voir le camping de Mèze. Bon accueil. Belles prestations. Grande propreté. Wifi gratuit. Rien à dire...avec un bémol pour le prix assez élevé ! Nous enfourchons nos vélos.

Mèze est rassemblée autour de son port, animé, de son église du XV et d'une chapelle médiévale. Dans le bourg ancien, nous parcourons les rues de l'ancien quartier des pêcheurs. Las maisons sont basses, acollées les unes au autres, les rues étroites. Est-ce pour protéger du vent ou de la chaleur ? Nous suivons las piste cyclable et reprenons un méchant chemin de terre le long de l'étang pour apercevoir les oiseaux. PSCHHHH...JP vient de crever ! Et la trousse de réparation est au camping évidemment ! Heureusement, il a la pompe à vélo. De gonflage en regonflages, nous rejoignons le véhicule avec un arrêt au monument des disparus...Sait-on jamais : peut être que leurs esprits éloigneront la poisse qui nous tient...

16 mai 2012. En vélo jusqu'à Ballaruc le Vieux :

Le vélo est réparé et nous pédalons sur la voie verte en direction de Ballaruc le Vieux. Génial ! Le soleil rayonne, un bon vent nous rafraichit. Nous roulons le long de vignes, des étangs. Le chemin monte, descend tout en douceur. Idéal !...CCCRRRAAACCC !.. AH non ! Y'en a marre !!!! Je viens de dérailler ! Décidemment !!! La chaine sitôt remise, la ballade reprend mais cette fois, c'est le pignon avant qui me joue des tours. Il tourne parfois à vide et surtout quand il s'agit de donner un bon coup de pédalier. Je bougonne...Mais bon ! Je pense au super VTC loué en camargue, avec sa selle en gel, ses vitesses à cliquet, ses...AHAHAH... Distraite, je loupe une chicane. Je n'aime pas du tout ce dispositif ; je ne sais pas le négocier mais là...Je filais droit sur la barrière ! Après un braquage violent pour éviter la 2ème partie de la barrière, je file droit sur un énorme bloc de pierre...que j'évite de justesse...Pour filer...En plein champ ! JP me passe un bon sermon.

Ballaruc est une ville thermale. Nous profiterons de la fraicheur de l'église à l'étrange clocher de fer forgé, puis pique-niquerons sur la belle place bien à l'ombre des frondaisons. Un étrange bassin attire nos regard. Il s'agit d'une source d'eau chaude à 45°, appelée source Sévignée. Il semblerait qu'elle soit bénéfique pour les rhumatismes et la circulation. Essayons... Aïe ! C'est brulant ! On va s'ébouillanter comme des cochons !!! Il faut tenir...Et au bout d'un moment, après force grimaces...Aaahhh...C'est agréable ! Et encore plus quand on sort : les pieds, les mollets sont légers...légers...légers. Un petit tour à la plage et nous retournons sur Méze...sans péripétie ! Cette fois, je suis concentrée : pas question que JP se moque encore de moi. Nous achetons des tielles juste à côté du camping chez René Dassié. D'après Claude, ce sont les meilleures ! On vous le certifie !!!

17 mai 2012. Carnon-Mauguio :

Un peu frustrés d'avoir vu peu d'oiseaux, nous suivons les conseils de nos guides touristiques et décidons de rejoindre Carnon et l'étang de Mauguio. Cet endroit est souvent présenté comme la petite camargue. A l'office du tourisme de Méze, l'hôtesse nous a indiqué des lieux d'observation, un itinéraire pittoresque et une ballade en vélo le long de l'étang de l'Or. Le temps est brumeux et le vent n'a pas faibli. La pluie s'annoncerait-elle ?

Nous prenons par Ballaruc, Frontignan, puis la D60 direction Vic la Gardiole par les Aresquiers. L'étang d'Ingril est propice aux régattes ; voiliers, planches à voile et ky surf nous régallent d'un étrange ballet. Juste avant le bois des Aresquiers...Voici notre première colonie de flamants roses...Un peu moins roses cette année...Pas assez de crevettes ??? Le ciel est de plus en plus gris. Le bois des Aresquiers offre un parcours de santé de 8Km qui vous fera découvrir la faune et la flore bien préservées de ce lieux. Belle balade ! Nous stationnons sur l'aire de camping-car de Mauguio. L'accueil se fait au bureau du camping et il est fermé de 12H à 15H. Des camping-caristes nous avertissent : « Il est midi moins 5 : faites vite ! » Pas le temps de réfléchir si çà nous plait ou pas...On fonce ! Pour 14€ la nuitée, nous sommes autorisés à stationner sur le parking, à faire les services, à sortir notre table de pique-nique (chose rare pour une aire) et...à nous raccorder sur l'électricité et...à bénéficier des installations du camping. Par contre, nous n'avons que des indications floues pour rejoindre la ville et l'office du tourisme. Heureusement, Iphigénie va nous sortir de là. Une nouvelle copine ? En quelque sorte mais...virtuelle ! Il s'agit d'une application IGN pour smartphone. Elle vous géolocalise, utilise le fond de carte IGN et vous « pilote » avec un pointeau. Nous allons beaucoup l'utiliser ce jour là car...L'office du tourisme est fermé...ainsi que de nombreux commerces, jeudi de l'ascension oblige !

Que dire de Carnon ? Beaucoup de béton hélas. Beaucoup de sable aussi. Nous ne sommes pas emballés ; aussi, dirigeons nous nos vélos sur la piste cyclable de la digue. Nous longeons de exploitations maraichères, puis des petits étangs, des plages...Cherchons les oiseaux...En vain ! Soit nous ne sommes pas doués, soit ils sont bien cachés.

L'air fraichit...Un coup d'oeil derrière nous ...Rentrons vite ! Le marin se lève...La pluie arrive. Nous aurons juste le temps d'installer les vélos sur le porte-vélo que le ciel se déchaine...

18 mai 2012. Port Camargue :

Aujourd'hui, rendez-vous à Port Camargue avec Chris et Chanchan. Nous nous sommes levés trop tard pour visiter Mauguio ; tant pis, la prochaine fois.

Le GPS ne « connait » pas Port Camargue !! Pourtant la ville existe sur la carte papier ! Je cherche dans le menu déroulant de l'appareil. Et si je mets le Grau du Roi et quartier « Port Camargue » ? Bingo ! Port Camargue n'existe pas administrativement. Elle n'a pas de...mairie ! Chris et Chanchan nous offrirons une belle journée de repos, sous le soleil, enfin de retour. Ils nous proposent une ballade le long du front de mer puis de l'étang de Salonique. Pas en vélo !!!! J'ai trop mal aux fesses !!! C'est donc à pieds que nous déambulerons tranquillement le long des quais, à travers la capitainerie, en direction de l'Espiguette.

Nous ferons étape pour la nuit à Aigues-Mortes sur l'aire de Ccar.

19 mai 2012. Bonsaïs arboretum de Mialet :

Le temps s'est gâté. Nous remontons au Nord pour rejoindre Lyon. Mais avant, le jardin arboretum de bonsaïs de Mialet ( www.bonsai-arboretum.com) nous intrique. La plaquette le présente à un quart d'heure de la célèbre bambouseraie d'Anduze. Allons jeter un œil. Ce n'est pas évident de le trouver...Et l'accès final  peut être délicat pour un grand camping-car avec porte à faux. Une fois sur place...C'est un enchantement, une belle parenthèse de calme sous les frondaisons des feuillus, en pleine nature ! Trois jardins sont proposés : le « Kare Sansui», entre jardin sec zen et sculpture, le « chaniwa », jardin de thé, et le « tsukiyama », jardin humide de montagne. Un 4éme est en cours de réalisation autour de la sculpture d'une belle endormie aux formes pleines et généreuses qui rappellent les « montagnes » des Cévennes. Les bonsaïs sont tous plus beaux les uns que les autres, présentés dans de belles poteries originales.

Nous rentrerons à Lyon le jour même chassé par le mauvais temps qui s'est définitivement installé.

En complément de ce récit, voir aussi « camargue 2011 » et « Montpellier, St Ghuilhem, Sète »

 

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