sortie de Russie. Trakaï et Vilnius (Lituanie)

4/09/09 :

En vain, avons nous cherché à rencontrer Baba Yaga ! Cette dernière est une sorcière... moche, édentée, au nez crochu orné d'une verrue. Elle est Russe, habite vers Serguiev Possad une maison érigée sur des pattes de coq qui tourne sur elle-même. Baba Yaga se déplace en mortier, le pilon servant de gouvernail, le balai n'étant utilisé que pour effacer ses traces....

Pas de Baba Yaga donc mais une route épouvantable : défoncée, ornièrée, trouée, ondulée, cassante et tapante jusqu'à la nausée sur plus de 600 kms ! Un supplice pour le conducteur, son passager et le véhicule. Nous roulons en « goudron planning » au risque de nous renverser parfois. Les ornières sont si profondes qu'elles nous ballottent violemment. Il faudra toute la dextérité de Jean-Paul et ses capacités d'anticipation pour nous éviter l'accident. Nous roulions pourtant sur la voie expresse Moscou/Lituanie ! Cette route épouvantable aura raison de la réparation du bac du frigo, effectuée, il y a 4 ans, en Afrique, fera ressortir de la latérite...bien cachée, puisqu'elle a résisté à plusieurs gros nettoyages de fond en comble de la cellule. Nous avions une telle hâte de sortir de cette épreuve que nous n'avons pas pris la peine de stopper. Ainsi, de tour de roue en tour de roue, nous parvenons à une centaine de kilomètres de la frontière...Lorsque...Un flic nous arrête. On roule doucement donc çà sent mauvais ! Le flic, casquette de guingois, uniforme en harmonie, tente de récupérer sa prestance en s'approchant de nous. Front bas, trogne ronde, rouge et suante...çà respire un taux d'alcoolisation avancé. Papiers ! Jean-Paul tend la carte verte, son permis. Il ne les regarde même pas. « inne caaRRRREEE ! » intime-t-il à Jean-Paul. OuH là ! « In car » en anglais fleure bon « flic ripoux qui cherche un backchich » ! Au bout de 3 minutes, je trouve le temps long à observer, tant bien que mal, dans le rétroviseur de grands dépliages de papiers A4, gestes. Bon...Et si je jouais la malade et sorte faire semblant de vomir. Çà marche à tous les coups car malade=risque sanitaire = papiers à remplir = adieu backchich. Je me donne encore 2 minutes...Mais voilà JP qui ressort de la voiture de flics...Hilare !?!? Il paraît que nous roulions à 74 Km/H au lieu de 70 ! Mon oeil ! JP a troqué l'amende en roubles (d'ailleurs on en a plus) contre la fameuse bouteille achetée pour le douanier à l'arrivée en Russie : un bordeaux à 2 € avec une magnifique étiquette. « Sorcières, ours, trolls, Pygmées et gremols, que cette bouteille donne la colique aux ripoux! ». Pour faire bon poids, on glisse 2 tour eiffel...Et on se tire !!!

Un dernier plein de gas oil (à 0,40€ çà ne se refuse pas) et nous voici dans la file d'attente à la frontière russe, une quinzaine de voitures devant nous. Il est 18H45, et comme tout le monde est stoppé, nous dévorons deux en-cas sous les yeux curieux des gens qui lorgnent notre intérieur. Nous patienterons une heure avant de pouvoir nous présenter au 1er contrôle russe. Douanière sympa, on singe les autres conducteurs car on ne connait pas trop le processus. Seul JP a le droit de descendre et présenter les papiers, on sait ! Il ira deux fois à cette barrière parce que la conductrice qui nous précède a fait de même ! Cette dernière sympa tente d'expliquer la marche à suivre... Deuxième barrière. On fait comme la dame. JP se présente à la guérite, tous les papiers en mains, et reçoit un document en cyrillique à remplir !? La dame l'aide, je descends car ce papier n'est autre que la déclaration des valeurs remplies à l'arrivée en Russie. Avec ma mémoire photographique, facile de cocher les bonnes cases. JP remercie notre « marraine » et lui offre une tour eiffel. Mais...Voici le douanier courroucé ! Il claque nos passeports sur son bureau et nous intime l'ordre de nous garer à droite. Est -ce la tour eiffel? Le fait que je sois sortie du ccar pour remplir le papier ? Il l'a mauvaise et çà se voit ! Ouverture du ccar ! Je lui fais signe d'attendre, lui déplie ...la marche (faut pas exagérer pas un tapis rouge quand même) et l'invite à entrer avec un grand sourire. Nous ne saurons pas si son air découragé est dû à la multitude de placards à fouiller ou au fait que jamais il ne pourra s'offrir un véhicule de ce type...Toujours en est-il qu'il renonce ! Mais pas à tout !!! On a sûrement quelque chose à se reprocher et il va trouver !!! Il s'excite sur son ordi...Les autres conducteurs patientent sans grogner ...Il ne trouve rien. La mine acide, il nous autorise à nous présenter à la 3ème barrière...Nous marquons l'arrêt à un stop et attendons. Un douanier nous regarde, et nous regardons le douanier qui nous regarde, toujours arrêtés à notre stop ! Il cède et nous fait signe d'avancer jusqu'à lui. Sait-on jamais, certains sanctionnent les conducteurs qui avancent sans ordre ! Il regarde la carte grise, son collègue l'aide, jette un oeil par les baies dans le véhicule quand une douanière blonde arrive hilare...!!???...Discute avec ses collègues devant la carte peinte sur notre ccar, puis demande l'ouverture de la cellule. Je lui sors le même grand jeu qu'à la barrière précédente. Elle rie toujours, refuse de monter et me demande d'ouvrir tel ou tel placard au hasard ! On rie tous de sa bonne humeur. Elle appelle sa collègue pour qu'elle « visite »... Et je suis invitée à me rendre au guichet. Tiens ?!?! C'est bien la 1ère fois que j'existe à une barrière russe...Elle inspecte attentivement mon visage, mon passeport, mon visage. Nous rions et elle me...renvoie au ccar !!! Tout va bien : on peut filer, non sans faire de grands signes à ces derniers douaniers bien sympathiques. L'entrée en Lettonie ne pose aucun souci et c'est à 21H20 que nous sommes enfin à l'ouest !!! soit 2H20 depuis notre arrivée à la frontière.

Nous sommes fourbus. Il reste 10 KM pour atteindre l'aire de CCI. Il pleut... Lorsque nous avisons juste là, à la frontière un parking TIR gardé. Je vais voir à la guérite...Personne...Au restaurant à côté alors ? Lorsqu'un grand escogriffe jaillit à toutes enjambées...On peut dormir, on paie demain et on se met où on veut. Il est cool ou imbibé ? A peine sommes nous installés que le revoilà, il faut se garer plus loin ! Donc...Imbibé ! La nuit sera calme et nous nous offrirons une grasse matinée sous la couette alors que la pluie chante sa mélodie sur notre toit.

La Russie restera pour nous le pays de la démesure y compris dans les contrastes ! les Russes construisent d'immenses buildings, mais n'entretiennent rien ensuite. Certains roulent en Ferrari mais nulle part ailleurs qu'autour de la Place Rouge ou sur les grands périphériques, l'état de délabrement de routes rendant impossible tout autre itinéraire à ce type de véhicule ! Les personnes âgées travaillent au lieu de profiter de la retraite. D'autres vendent quelques produits de leur jardin, ou mendient leur repas du jour. Les mutilés de guerre, parfois très jeunes, sont laissés pour compte ! Nous en avons vu beaucoup faire la manche, y compris en plein milieu de la circulation (pour être finalement tués ? Recevoir une pension d'un automobiliste qui les aura heurtés ?). Les journaux débordent d'annonces d'escort girl. Les « porteurs d'uniformes » (militaires, police, milice) cultivent la suspicion. Les bureaucrates ne se départissent jamais de leur air rogue ! Pourtant, les gens simples (gardiens de parking, paysannes sur les marchés, gens de la rue) seront toujours très sympas avec nous. Nous avons privilégié les achats sur les étals plutôt que les grandes surfaces, plus onéreuses et aux légumes...un peu pourris. Grâce à notre euro (1 € pour 45 roubles), nous avons dégusté des spécialités russes dans les restaurants. D'ailleurs, il est possible de manger dans ces derniers de 11H à 23 H sans interruption, le service ne cesse pas. Les monuments sont magnifiques...surtout les églises ! Alors que les isbas menacent ruine. La Russie est encore un pays authentique qui vous dépaysera totalement pour un peu que vous sortiez des zones touristiques.

 

 5 et 6/09/09 : Trakaï. Lituanie

Juste une réflexion sur la Russie : si les centrales nucléaires sont aussi bien entretenues que le reste...On est hyper mal ! Tchernobil va se reproduire...

Nous avions décidé de nous reposer dans un camping calme, classé 4 étoiles françaises, avec location de vélo pour rejoindre le bourg, machine à laver et sèche linge. Pour le calme et le côté bucolique...le lieu était enchanteur : prairie arborée, en bord de lac, à 6 Km de la civilisation. Hélas, nous attendons encore de pourvoir utiliser les vélos et la machine à laver. Hors saison, des prestations ne sont plus fournies...Dont celles-ci ! Nous laverons le linge à  la main, tendrons l’auvent pour accrocher le tout en dessous à cause du crachin ; notre ccar ressemble à un banc de marché forain ! L'intérieur de la cellule n'échappera pas un méga ménage de printemps...pour dépolluer de la crasse russe !  Puis nous irons à pied à Trakai, chercher l'arrêt de bus pour visiter Vilnius le lendemain, une éventuelle location de vélo et visiter la république des Karaïs, ancienne civilisation aujourd'hui disparue. Les maisons sont pittoresques, en bois, agrémentées de jardins. Sur l'île, le château rougeoie de toutes ses briques sur le ciel gris plombé ! Magnifique visite...et à nouveau 6 Km à pied pour rejoindre le camp ! Car bien sûr...ce n'est plus la saison pour la location de vélos !

Le lendemain, lever dès potron-minet afin d'être à l'heure pour le départ de car de Vilnius ; il faut dire que la gare routière est à la sortie du bourg ; nous rallongeons donc notre « randonnée » de 2 Km !

Vilnius :

Vilnius est une capitale à dimension humaine et nous n'aurons aucun mal à parcourir les rues à pied. La ville moderne avec ses immenses building de verre, design, côtoie la vieille ville aux rues pavées.

La ville a été fondée en 1323 par le grand duc Gédiminas. Il venait de rêver d'un loup hurlant lors de son repos à l'emplacement de la future ville. C'est ainsi que la construction débutera à l'endroit même du rêve. Finalement, çà tient à peu de choses une ville !

Dans la cathédrale, nous resterons ébahis devant le faste et le côté ostentatoire de la chapelle de Saint Casimir. Elle expose son sacophage de 600Kg d'argent, des fresques et une ravissante coupole de stuc, semblable à une dentelle des plus fines. Devant le fameux mur des théières, enseigne étonnante d'une boutique de thé, la pluie nous surprendra et nous imposera une visite bien agréable : celle du musée de l'ambre. C'est avant tout une boutique mais sa propriétaire présente de magnifiques pièces éclairées judicieusement. Ceci nous permettra d'admirer les inclusions, les reflets de cette...résine, car l'ambre n'est pas une pierre mais bel et bien une résine, fossilisée depuis des milliards d'années. La plus répandue reprend toutes la gamme des jaunes mais il existe de l'ambre blanche, verte, noire et ...plus étonnante... bleue ! L'ambre est utilisée pour des bijoux, des pièces d'orfèvrerie, des sculptures, mais aussi pour parfumer la maison, comme de l'encens en résine, et enfin, pour des soins en « cosmétologie branchée ».

Ajouter un commentaire
 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site