l'Anneau d'Or

1/09/ 09 : Souzdal.

Après la visite, rapide, de Vladimir, nous établissons notre étape à Souzdal, sur une aire CCI. L'accueil est sympa et....nous écoutons chanter des grillons ! Voilà qui nous change des voitures moscovites ! Calme et reposante Souzdal... nous partirons à la découverte de tes trésors demain!

2/09/09 : Souzdal, un musée à ciel ouvert où il fait bon flâner au gré de sa fantaisie

La nuit a été clame et récupératrice. Nous avons admiré jusque que fort tard les bulbes de l’église voisine se découper en ombres chinoises sur la nuit.

Souzdal était la capitale de la principauté de Rostov-Souzdal. Sur son blason figure un gerfaut blanc : Finist, le clair faucon des contes russes. A 360°, Souzdal est une forêt de clochers, de toits en pyramide et de coupoles. Comptons les : 1, 2...5 monastères dont 2 en ruines, et, 1, 2 , 3...30 églises pour ... environ 13 000 habitants ! La plupart des églises sont jumelées : à côté d’une église « froide » d’été avec des voutes élevées, souvent plus décorée et plus élégante, se trouve une église modeste et de petites dimensions pour l’hiver : l’élise « chaude ». En fait, ces dernières ne possédaient pas non plus de chauffage au sens propre du terme, juste un minuscule poêle près de l’autel. Cependant, leurs voûtes basses, les flammes des bougies les transformaient en élises « chaudes ». Nous musarderons à pied dans l’écomusée de l’architecture du bois, pénètrerons dans des isbas calmes et douillettes, jusqu’à ce que la faim nous tenaille. Elle nous a conduit vers la halle où une Mamy vendait des pirojkis maison. On tente le coup...sans trop savoir ce que nous achetions...Complètement au pif ! La mamy nous a attribué un pirojki au chou et à la viande et un autre aux pommes et myrtilles. Ces chaussons sont absolument délicieux, pas gras du tout, vendus chauds...Hum !!!! Le « marché » était encore installé ; aussi avons nous acheté à l’une des légumes, à l’autre des champignons...Moments d’échanges précieux où chacun essaie de se faire comprendre, de partager, de nous prouver que les énormes cornichons qui macèrent dans le vinaigre et toutes sortes d’herbes, dans des marmites en fer, sont succulents... Sourires de part et d’autre, joie du moment partagé et sûrement fierté d’avoir été choisi par un touriste pour ses beaux légumes.

Ce matin, nous avons rempli la réserve d’eau à la pompe : 90 litres avec un jerrican souple et une bonbonne. La pompe ...une sorte de tuyaux qui sort sur un trottoir. Jean-Paul pompe avec acharnement...En vain. Mais, en fait, il convient d’amorcer par quelques pompages puis d’appuyer sur la poignée pour que l’eau coule. Les babaouchkas ont bien ri de notre incompétence !!! Mais aussi de tous nos voyages bonbonnes à la main. Que peuvent donc faire ces touristes de tant d’eau ?

Au dernier voyage de la corvée d’eau, nous avons acheté des pommes à une Mamy intriguée par nos va et vient. Elle est restée toute la journée « piquée » sur le trottoir à attendre un hypothétique client : quelle patience !

Demain, nous nous dirigerons vers Pereslav-Zalesski.

3/09/09 : Serguiev Possad

Sortir de Souzdal au GPS de rando a constitué un « Grand Moment ». Nous étions persuadés que notre route était sur notre gauche en sortant du parking. Faux et archi faux ! C’était à droite ! En plus, le GPS de rando ne trouve plus aucune route alors même que Mapsource, sur le PC, en indique bon nombre !!! La programmation a nécessité de se creuser un peu la tête ; j’ai opté pour une suite de waypoint reliés et un mode carte. Bingo ! çà fonctionne...En ligne droite ou presque puisque j’ai « piqueté » les waypoint assez serrés ! Après quelques demi tours, arrêts devant les panneaux en cyrillique, nous avons roulé à travers une belle campagne. Les immenses champs de céréales cédaient place à des forêts de bouleaux ou des pâturages fraichement coupés. Les bottes de foin s’étendent à perte de vue...

Vous riez !? Alors petit exercice (on est sympa on utilise des caractères latins), que signifie : Cy3Hamb ? BmaHnmnp ? Mepecmabmb-3amecckknn ? Ceprneb-MocaH ? Ah...Vous jouez moins les lestes tout à coup !!! Nous, c’est notre quotidien ! Solution : Souzdal, Vladimir, Pereslav-Zalesski, Serguiev-Possad ! Vous avez compris ? Sportive la route ! En plus, certaines lettres ressemblent à des « n » à l’envers, d’autres à des tours de centrale nucléaire ! Heureusement que nous maitrisons bien la navigation par GPS !!!

Le Tomtom a retrouvé de la voix et une route dans Pereslav ; il affiche à nouveau une cartographie : OUF !

Pereslav nous a déçu...Mais peut être sommes nous trop difficiles depuis la visite de St P, Novgorod, Moscou et surtout Souzdal ! Nous avons donc décidé de rallier Serguiev Possad pour visiter la Laure de la trinité St Serge. C’est un immense monastère, encore en activité. L’ambiance est particulière avec les popes, les novices, hommes ou femmes, les fidèles. L’air sent le benjoin et l’eau bénite avec, de ci de là, quelques senteurs fleuries montant des magnifiques massifs qui égaient le site. A dire vrai, la laure est le plus beau site de notre périple, le plus serein. Nous assisterons à un office orthodoxe. Les chants lithurgiques envoutent. Gênée d’avoir oublié mon foulard au ccar, je n’osais pas m’avancer dans l’église...Lorsqu’une orde d’asiatiques a fait intrusion en plein office au pas de charge. J’ai suivi et ne l’ai pas regretté ! Dans la laure, surgit une source miraculeuse, protégée par une chapelle baroque. Les pèlerins en boivent, en emportent chez eux. Tout est prévu : des gourdes et bidons de 5 litres sont en vente. Les vertus de la source ? En 1780, un aveugle a baigné ses yeux avec cette eau froide et...a recouvré la vue !!! Puisque cette eau est réputée « casse lunettes », nous avons sacrifié au cérémonial ! Rien que sa fraicheur sur notre front, en cette chaude journée, était un délice !

Pour internet, depuis St P, c’est « inter Niet » ! On ne trouve rien ! A Moscou, nous n’avons pas réussi à trouver la rue du cyber–café malgré un plan détaillé ; à Souzdal, nous avons demandé à un type en uniforme écroulé dans une guérite : NIIIET profère-t-il d’un air abruti. Je vous précise qu’il était à jeun ! Bank ? Niiiiet ! Abruti ? Niiieeet ! Ben moi je te dis que si : gros abruti ! Quand la moutarde nous monte au nez, et que nous sommes face à des gens obtus, qui n’essaient pas de communiquer, on commente en français !!! On se défoule nous aussi ! DA !!!

A Serguiev possad, la poste centrale est dotée d’un point Internet. Là aussi, c’est de l’inter niet. Patience devant un guichet. La dame dit DA et nous envoie à sa voisine. Nous pensions tenir le bon bout, d’autant que l’ordi, bien qu’arrêté, était dispo. La collègue, l’oeil torve, le cheveux gras, la gueule dit...Niet ! Comment çà, niet ? On essaie de parlementer mais c’est Niet avec un regard paniqué. Imaginez : elle aurait dû bouger ses grosses miches adipeuses et allumer l’ordi et...Et bien, elle a choisi de couver sa graisse sur son siège ! Dégoûtés de sa fainéantise, nous avons cherché dans la ville. En vain ! Une autre personne nous a adressé...au vendeur d’ordinateurs !!! InterNiET vous dit-on !

Autre étonnement : le trou qui parle ! Vous avez besoin d’acheter quelque chose au kiosque : payer un parking, obtenir un ticket de bus, des cartes postales ou de l’essence. Vous vous adressez à un trou de 30cm de long sur 20 de large. Bien évidemment, la voix est cachée derrière un film opaque, ou encore des rangées de cigarettes, ou encore...que sais-je, mais invisible. Le trou qui parle répond en russe et comme le bruit environnant est intense...vous ne comprenez pas grand chose. Il faut que le trou répète et là...il devient moins commode encore. Si ! C’est possible ! On essaie de lui fournir ce qu’il demande. Un tiroir en bois, comme façonné par un enfant maladroit, surgit sous le trou. On pose (si c’est un parking) le ticket...le tiroir se ferme d’un claquement sec...pour s’entrebailler péremptoirement : manque quelque chose !!! Ben oui : trou qui parle, c’est combien ? Alors ici, la technique consiste à jouer les malentendants ; du coup, généralement, le trou nous passe un papier avec le montant de la transaction ! Certains trous sont sympas : la voix sort de sa guérite...On aime mieux, même si la voix fait la tête !

Pour l’essence, c’est folklo ! On se positionne à la pompe, réservoir ouvert, bec de pompe dans la réservoir. Ensuite, direction le trou qui parle pour lui dire le nombre de litres voulus de tel carburant et pour tel montant. On paie et ensuite seulement on peut se servir, étant entendu que la pompe s’arrête quelques centimes avant le montant payé !

Les adolescentes écolières sont bizarrement accoutrées. Elles portent des collants ou des chaussettes en dentelle blanche, une robe noire manches courtes ballons, par dessus un tablier de dentelle blanche et...d’énormes noeuds de mousseline blanche dans les cheveux. Vous voyez nos ados de 16/17 ans habillées comme çà ?!!!

Lassés des églises, monuments, trous qui parlent et Niet en tout genre, nous nous rapprochons de la frontière lettone pour la passer après-demain. Nous lézarderons à Vilnius...Enfin : grosse toilette dedans et dehors du ccar, serrage de vis (la route tape plus qu’en Afrique : une horreur sur certains tronçons) grosse lessive et gros lavage de ma tignasse ! Après...Vilnius, le mur des théières, et le château de Takaï ! Et InterDA si nous n’avons rien trouvé avant !

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