Frontière russe à Narva (EST)

23/08/2009 : Passage de la frontière russe à Narva :

 

Nous roulions tranquillement en direction de Narva avec l'idée d'y faire une halte shopping et visite avant le rendez-vous avec notre correspondante à la douane, lorsque...mon portable sonne. C'est l'agence russe de St Pétersbourg qui nous demande de rejoindre rapidement la douane de Narva : le passage aura lieu plus tôt que prévu. Voici les instructions : prendre un billet de passage, regarder notre ordre dans la file, envoyer ces chiffres par SMS à l'agence et attendre sur le grand parking de « green point ». Simple !

Nous voici à la barrière estonienne ; sur la gauche un grand parking. Nous allons à la guérite pour prendre le ticket. Tout faux ! C'est à l'entrée de la ville donc retour en arrière. Nous virons, tournons..çà peut se tenir où cette vente de billet !!??? Jean-Paul veut entrer sur un grand parking qui à mon sens est une casse : des voitures sont chargées sur des camions, c'est glauque à souhait. Bon! Réfléchissons et suivons à nouveau les panneaux « toll transit »...On tourne en rond ! Les gendarmes, dans leur voiture, nous regardent passer et re-passer devant eux ! On demande plusieurs fois notre chemin...Rien à faire ! Jusqu'à ce que Jean-Paul stoppe devant la voiture de police et que je leur demande avec un grand sourire où se situe ce diable de guichet d'enregistrement. Dans un grand rire, ils nous conduisent. On ferra sensation en arrivant escortés par la police dans ce que je prenais pour une casse !!! En fait, un grand parking de stockage, avec une cabane à l'entrée, une à la sortie. Avouez...

Nous nous dirigeons vers la queue de gens, cabane de sortie, celle où défilent des numéros. Les gens se présentent devant un « trou », lequel « regarde » le ticket et les gens partent en courant pour rejoindre leur voiture et démarrer sur les chapeaux de roues. C'est quoi encore cette combine ?

Deux jeunes gens nous renseigneront : pour nous c'est à la cabane de l'entrée. On y va... Nouveau « trou » duquel sort une voix estonienne nous indiquant de rentrer dans la baraque... 1 ère porte...à droite ou à gauche pour la 2ème ? On opte pour la gauche... bingo ! Deux filles, que visiblement nous faisons ch... (pas d'autre mot : c'est le seul qui résume leur attitude), nous demandent les papiers du véhicule et je ne sais pas combien de couronnes estoniennes. Vous prenez les euros ? Oui ...donc 20€ ...pour un infâme ticket portant un N° et un reçu. C'est ici « green point » ? Non, entre les deux frontières nous disent-elles...

Nous avons le précieux sésame, nous savons où est « green point »...Retour à la barrière estonienne. Mr le guichetier, c'est le bon papier ? Oui, mais faites le tour du quartier, prenez la queue et attendez ! Il prend notre fameux ticket. On observe la manière de faire en bons élèves. Cinq voitures sont devant nous mais la barrière ne s'ouvre que pour 3 à la fois qui subissent un contrôle avec ouverture du coffre etc...Le conducteur coupe le moteur et descend.

C'est notre tour...Ben non ! Le douanier ne veut pas tout de suite ! Il attend que toutes les voitures soient sorties de cette sorte de sas. Le douanier estonien contrôle, à vue, le camping-car, nos passeports... classique. Je lui demande si « green point » est le parking devant nous : il ne sait pas ! On avance de deux mètres : nouveau douanier et à nouveau, arrêt du moteur, descente du conducteur... Trogne douanière... Enregistrement de la carte grise... Et passez !

Nous voici en zone franche : je téléphone. Catastrophe : nous aurions dû obtenir un ticket vert et pas un blanc. On peut donc nous refouler à la douane russe ! Et c'est un bouchon interminable pour sortir côté estonien ! Pas çà ! En plus « green point » est en dehors de la ville, pas en zone frontière. Natacha, notre correspondante de St Pétersbourg nous dit de tenter le passage de la douane russe...tous seuls car notre passeur n'est pas encore arrivé et nous ne pouvons pas stationner là où nous sommes ! Grand moment de solitude et de panique ! On avait demandé un passeur pour éviter les embrouilles : comment on va faire avec le cyrillique ? Les douaniers russes nous font signe d'avancer; faut obéir ! Heureusement, j'avais imprimé les documents mis en ligne par un forumiste, au cas où …On fera avec en regardant attentivement et en croisant les doigts !

1er poste russe : on me donne des papiers en double exemplaires pour notre état-civil et pour nous demander si nous transportons ...des missiles (weapons c'est bien missile non ?). Ouf ! On a du pot : on a eu les documents en anglais ! Le plus souvent, ce sont ceux qui sont en cyrillique qui sont remis. Avancez ! Avancez ! Mais je n'ai pas tout rempli ! Un pour JP, et un pour moi. Je ne verrais qu'après que c'était les deux pour JP et rien pour moi. Et les douaniers garderont le mien au lieu de celui de JP!

Avancez ! Bon...2ème contrôle russe. Pendant que Jean-Paul présente nos passeports, je dois remplir un autre document et on me remet le même que le précédent...en allemand ! Là, il s'agit de nos autorisations d'immigration. C'est sérieux. Pendant que je m'applique, un douanier embarque et ouvre tous nos placards, les referme en faisant claquer les portes. Grossier ! Je lui tourne un ou deux regards noirs ! Je ne vais pas chez lui claquer les portes moi ! Alors, il fait gaffe ! Non mais !!! Il veut qu'on ouvre le lit !?... Et oublie de voir les coffres sous les sièges !

Jean-Paul a obtenu les coups de tampons sur les passeports et nos cartes d'immigrations : çà va être bon. Non ! Le 1er douanier revient : papier mal rempli... Oubli de cocher des cases et absence de signatures. Devant nos têtes stressées, il coche les cases mais je dois écrire « France » après Lyon sur la ligne « city ». Ben « city » pour moi c'est pas « country »...désolée c'est marqué « city » ! Il sourit...J'obéis...Vaut mieux ! Jean-Paul signe les deux documents à ma place ! J'enrage : pas le droit de signer un papier que j'ai écris ! Là c'est abusé !!!

3éme guichet. Là, Jean-Paul contourne complètement le guichet. Pendant tout le processus, une longue file de voitures s'accumule derrière nous. Les conducteurs sont fair-play : ils patientent tranquillement mais çà nous stresse encore plus. Je contrôle mes documents. Les douaniers n'ont pas voulu de la liste des objets embarqués : je leur propose : Niet ! Le gentil douanier me rassure :  inutile de fournir cette feuille, trop de choses dans un ccar. Pourtant, d'autres douaniers le demandent.

Catastrophe ! Nous n'avons pas un document capital : la fiche d'importation du véhicule !...Et nous sommes au dernier guichet. Je rejoins Jean-Paul avec la copie de ce document : il ne faut pas qu'on ressorte de la douane sans ce papier. Fais gaffe JP ! Exige le, car moi je n'ai même pas le droit de signer ici ! Alors de là à réclamer un document...C'est justement ce papier qui est en train de sortir de l'imprimante du guichet 3. Je contrôle les dates..l'immatriculation portée...c'est bon !

Avancez ! Avancez ! Oui ben laissez nous ranger ! Niet ! Avancez !

4ème guichet : le douanier jette un coup d'oeil par la fenêtre, demande la carte grise et notre attestation d'assurance...La barrière s'ouvre...Nous voici en Russie !!!

Nous avons franchi la frontière en  moins de 45 minutes , recherche du ticket compris !!! Nous sommes estomaqués : on était sur un bon jour ? C'est la magie de nos grigris ?

 

Un kilomètre après la frontière : une barrière en travers de la route. C'est quoi ? Contrôle de police : documents. Le flic regarde...passe à l'avant et tape le phare. Dans le stress de la frontière et la précipitation, nous avions oublié de rallumer les phares. Jean-Paul est conduit au poste... çà parle...russe ! Le Russe dit « bank » et Jean-Paul qu'il n'y comprend rien, que ce n'est pas une banque ici, qu'il est fatigué (en allemand cette fois!). En fait, le policier lui a tendu un papier en cyrillique que Jean-Paul a tourné dans tous les sens, y compris sens dessus-dessous, en prenant l'air benêt...Le Russe a cédé, a repris le papier et nous a laissé filé. Bien joué JP ! On n'a rien payé !

 

Nous étions à 30 Kms de St P, soit une heure trente bon poids après la frontière lorsque Natacha nous demande par SMS si nous étions encore à la frontière : le passeur est arrivé. Ma réponse la paniquera ! Elle appelle angoissée pour savoir si nous avons l'assurance pour la Russie. Ben non, c'est le passeur qui devait nous l'apporter à la douane et comme les douaniers nous ont fait filer grand train...C'est écrit RUS sur votre carte verte ? Sinon gros gros problèmes avec Police ! Je la rassure: on arrive sur le stationnement et on verra ensemble.

 

La chaussée est extrêmement défoncée sur certains tronçons : les trous sont énormes, bouchés en brique, le goudron est ondulé. Çà tangue à bord ! On se croirait en Afrique. Au bord de la route, les gens vendent leurs récoltes. Les bâtiments, les maisons sont très délabrés. De ci de là, une habitation est bien retapée mais ce n'est pas la majorité.

Au fait, le Tomtom a retrouvé...le nord ! Il a les grandes capitales et la route principale qui y conduit! C'est un bonheur de le laisser nous conduire à bon port ! Et quand il flanche, je sors le GPS de randos et on « navigue » de waypoint en waypoint : c'est galère mais on s'en sort. Pour le moment les panneaux, rares, sont en cyrillique et en latin.

 

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