Afrique de l'Ouest. Sahara Occidental. Nouadhibou

25 décembre 2010

Infos camping-car :

1°) sortie du Maroc : 3H. Fouille et « reniflage » de toute la cellule par un labrador anti-drogue, qui n'hésite pas à grimper sur vos coussins !

Planquez vos bouteilles !

Les hommes s'occupent des formalités et les femmes avancent les véhicules, histoire de barrer la route des resquilleurs.

2°) Frontière Mauritanie. Paiement de 10€. Le bureau de change et l'assurance sont une pure arnaque !  (voir Gandini « le Maroc en ccar ») donc faire le change à Nouadhibou ou à Belanouar. Entrée en 1 heure. Ne pas oublier de récupérer la déclaration sur l'honneur pour le véhicule.

Taxe pour la commune : 10 Dh (1€) pour la route ( alors là !?!? pour le no man's land ? Foutage de gueule !))

 

Le récit :

Alors que vous dormez encore profondément, nous partons pour la longue, longue descente du Sahara. Il faut bien sûr réveiller le gardien du camp pour sortir : 8 H, ce n'est pas une heure convenable pour commencer à bosser !!!

A l'entrée de Boujdour, nous découvrons une étonnante porte aux autruches. Après les chameaux de Tan Tan, les dauphins gigantesques de Llayoune, plus rien ne nous épate dans le décorum africain !

La route s'étire. C'est l'infini des tons jaunes uniquement coupés par la bande noire du bitume qui serpente à travers les dunes. Malgré nos 120 KM/H, nous avons l'impression de faire du surplace. Rien ne vient troubler la monotonie du paysage et nous nous sentons bien seuls...Mais, la Gendarmerie Royale veille ! Un gendarme affirme être notre cousin (?!), un autre est fier d'exhiber devant ses collègues nos magnifiques fiches de police. Nous avons particulièrement soigné ce document ; à côté de nos état-civils détaillés, une photo de chacun et, fin du fin, à côté du descriptif du camping-car, sa photo...En couleur même ! La gendarmerie est bluffée. Qu'est ce qu'on ne ferait pas pour avoir la paix avec les autorités ? De même, la photo de notre famille reste visible de la portière avant, sans toutefois être exposée. Ceci nous amène la bienveillance des « pandores ».

Nous stationnons pour la nuit à 80 km au nord de la frontière marocaine dans une sorte de relai routier un peu glauque...Quand....Qui voilà ???...Une caravane tractée par un Jumpy bleu : Yves et Roselyne !!! Ils connaissent le coin et nous emmènent à 800 mètres plus loin sur le parking d'un motel Top. Du coup : APERO! La revanche se déroule dans le ccar avant la dégustation d'un super tajine au restaurant du motel. Nous décidons de passer la frontière et le terrible no man's land ensemble ! Pourquoi terrible ? Il s'agit d'une bande de sable de 4 Km, minée par le Polisario. Minée ? Avec des vraies mines ?? Affirmatif !  Et...Plus personne ne sait trop où elles sont ! Comme le vent déplace le sable, la piste n'est pas toujours tracée au même endroit... Pourtant, il convient de bien la suivre ...en croisant les doigts côté mine ! Elle est terriblement défoncée. Çà va être coton avec la caravane ! Eh bien non ! A part des tressautements et des soubresauts, rien de grave !

Mais avant, il a fallu sortir du Maroc. Et là ...C'est le grand folklore ! Une file pour les camions qui passent dans le scanner, une file pour le reste. Le conducteur s'occupe des formalités, et, pendant ce temps, la file avance...Et si vous n'avancez pas votre véhicule...Vous restez à la traine. Roselyne et moi avançons nos véhicules. Un Marocain me demande en se grattant la tête : « tu sais avancer çà toi ? » en désignant le ccar. Je n'ai pas résisté et, avec un grand sourire : «  non, je sais juste le reculer et le manoeuvrer. Pas l'avancer ! A la queue P'tit mec ! » Il n'a plus tenté de resquiller celui-là !

Grand moment quand le douanier demande s'il y a de l'alcool à bord. Non bien sûr, juste des bouteilles de sirop !!! OUF ! Il ne demande pas ce que contiennent exactement les bouteilles ! Evidemment, la « cave » est cachée dans la penderie, elle même dissimulée par le rideau de douche déplié. Tout va bien...jusqu'au labrador renifleur de drogue. Pas gêné du tout, il a fait tout le tour de l'habitable, copieusement sauté sur les banquettes avec ses pattes pleines de sable (comme si les rangers des douaniers ne suffisaient pas !) pour finalement sauter à bas du véhicule et me gratifier d'un coup de langue...Pour s'excuser d'avoir tout sali ?

Trois heures plus tard, après le no man's land, folklore mauritanien ! 

1er BIIRRRO ! Tu me donnes pour l'assurance ! Non ! Si tu dois me donner ! Non, j'ai tout ce qu'il faut ! Ensuite, le change...un euro vaut 378 ouguyias (UM) avant notre départ. A la frontière, 1€ ne vaut plus que 300 UM. Je brandis mon fidèle Gandini qui relate cette arnaque : « pas de change ! A Nouadhibou, mon ami Ali a tout organisé ».

Jean-Paul sort enfin du 3ème BIIIRRO ! La police veut un « encouragement ». Pas question ! De guerre lasse, je donne 20 Dhirams (2€). « Trop petit. Filez ! » On file, en récupérant nos 20 Dh...jusqu'au 1er rond point où un barrage nous arrête ! Gendarmerie Royale...OUPS ! Manque l'attestation pour le véhicule !

Retour à la frontière dans le 3éme BBIIIRRRO. C'est pas juste !!! Jean-Paul, décidé à en découdre, entre au pas de charge, double toute la queue et...avant de râler...aperçoit un papier avec sa signature : « je prends çà, tu as oublié de me le donner ! Tu n'as pas bien fait ton travail! » Ton sec et sévère...Du coup, le policier ne pense même pas à redemander son « encouragement ».

Ali nous accueillera les bras ouverts dans son joli camping de la Baie du lévrier à Nouadhibou. Comme par hasard, le change est à 1€ pour 350 UM ! Nous partagerons le thé avec sa famille et Ali nous organisera le lendemain une mémorable visite

Ali est natif de Port Etienne...?!?!...Port Etienne ! Rebaptisé Nouadhibou, il y a 50 ans au moment de l'indépendance. Une maison d'époque coloniale aurait abrité St Exupéry aux temps glorieux de l'Aérospatiale. Nous n'avons pas retrouvé la maison mais la bizarre église du Père Jérôme. Imaginez une coupole, rien que çà, sur un promontoire rocheux, surmontée d'une croix et, en lieu et place du traditionnel coq : un poisson ! Le Père est absent ; nous laissons des médicaments et une boite de lait maternisé à son adjoint, Edmond, sans même penser à demander à visiter l'église !

Ali nous conduit  ensuite au bout de la pointe du Cap Blanc pour admirer « le gros bateau échoué » et les phoques moines. Il siffle pour les appeler et...çà marche. Un phoque curieux s'approchera du rivage.

Par contre, les épaves de navires rouillées qui ornent la baie ne sont pas à l'honneur de l'Europe. Cette dernière a livré il y a quelques années une flotte entière de bateaux dernière technologie au port autonome de Nouadhibou...sans former aucun équipage ! Donc les navires rouillent dans la baie, personne n'ayant su les piloter !

Le pneu, réparé à El Jadida, fuit à nouveau. Nous faisons réparer mais Jean-Paul doute de l'efficacité du mécanicien... A suivre...

Ali nous entrainera aussi chez un marchand de poissons et nous nous régalerons de gambas succulentes pour...8,50€ le kilo !

Dans la plus belle pâtisserie de la ville, nous achetons des gâteaux typiques. Au moment de payer, un cafard nous nargue en se baladant tranquillement sur les plateaux. Tant pis pour lui, on a mangé quand même!

Merci à Ali pour le temps qu'il nous a consacré, ses conseils et anecdotes. Souhaitons lui bonne chance pour les prochaines élections municipales. Il a beaucoup d'idées pour développer le tourisme et essayer d'apprendre la propreté aux gens. Là, c'est tout simplement titanesque ! Tout, absolument tout, est jeté en pleine ville : du simple détritus aux viscères d'animaux en passant par l'huile de vidange !

28 décembre 2010

A 43 Km de Nouadhibou, après avoir doublé une antique R12 authentique dentelle de ferraille...PFFFFIIIIIII....La réparation a lâché !!! Jean-Paul change la roue pendant que la R12 en dentelle nous double ! Ironie du sort et hilarité du conducteur : son épave tient le coup contrairement à notre bijou !

Un long moment, nous regarderons le fameux train minéralier. Ce dernier est unique au monde : l'un des plus lourds (24 000T), des plus longs ( 2 km pour 200 wagons), des plus lents (30 Km/H). Il est chargé du transport du minerai de fer et des gens (dans un seul wagon voyageur) de Zouérate à Nouadhibou, soit 700 KM ! Il part de Zouérate vers 15 H et arrive à Nouadhibou le lendemain au mieux en fin de matinée ! Quand je pense que certains râlent sur la précision des TER !

A nouveau, nous roulons à travers le Sahara, recouvert d'une végétation bien verte à cause des abondantes pluies des mois derniers. Nous doublons nos premières carcasses d'animaux et rejoignons tranquillement l'Auberge Sahara à Nouakchott, capitale de la Mauritanie.

Jean-Paul s'est attaqué d'arrache pied à la réparation du pneu : jamais aussi bien servi que par soi même et moi à la lessive !

Quelques prix :

Gas oil : 285,8 UM, (0,8 €)

baguette classique : 90 UM ( 0,26 €)

gambas :3000 UM ( 8,50€)

« plat du jour » assez copieux : 1000 à 1500 UM ( 3 à 4,5€)

Ajouter un commentaire
 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×