Afrique de l'Ouest. Maroc. Llayoune

23 décembre 2010. 20°. Soleil et nuages

Nous quittons Mina pour rejoindre Tahanout, aux environs de Marrakech. Nous souhaitons commander une jolie nappe à Delphine, rencontrée en 2005. Son entreprise était précédemment installée à Sidi Ifni et s'appelait Minattou. Les enfants de Delphine grandissant, elle a souhaité s'installer près d'une ville et en profité pour rebaptiser sa société en Ysengrin, comme le renard des contes ! Nous passerons devant sa société pourtant bien indiquée sans même supposer son existence. En effet, l'atelier est une succession de petites maisons au bord d'un ruisseau. Ceci nous permettra de visiter une coopérative d'argan et d'observer le travail des femmes (encore elles !).

Penchons nous donc sur ce désormais célèbre argan. L'argan est le fruit d'un arbre appelé arganier, qui ne pousse que dans la région d'Agadir. L'argan ressemble à une petite noix : bogue lisse, noyau, puis amandon. L'arganier est très, très résistant : ses longues racines lui permettent d'aller puiser l'eau très profondément. Il sait aussi se reposer. Regardez le : il semble tout sec...Mais, en fait, il est en vacances ! Pour 7ans !!! Et peut tenir aussi longtemps sans une seule goutte d'eau.

Les noix sont ramassées par les femmes (encore !) qui séparent bogue et noyau et...Ouais ! Çà c'est la version policée pour gogos ! Si vous regardez l'arganier, vous verrez des troupeaux de chèvres à ses pieds, dans ses branches. Et elles font quoi, les chèvres ? Elles sont très gourmandes des feuilles ( re-version gogos!) Elles dévorent les noix !!! Entières !!! Leur estomac bosse et expulse dans les crottes...les précieux noyaux !!! Ils ne restent plus alors qu'à les ramasser, les casser pour récupérer l'amandon qui est soit grillé et pressé pour confectionner l'huile alimentaire, soit uniquement pressé pour les cosmétiques.

L'huile alimentaire a un goût de noisette incomparable. On lui prête des vertus anti-cholestérol. Elle diminue les risques cardio-vasculaires et soigne dermatoses, brûlures, rhumatismes...Tout çà pour ...une crotte de chèvre !!! Mais quelle chère crotte ! Environ 100€ le litre en France, l'huile est vendue ici entre 10 et 60€ le litre, selon le lieu d'achat…et sa qualité ! Il arrive hélas qu’elle soit coupé avec de l’huile de tournesol. Méfiance donc sur les trop bonnes affaires…

A la coopérative, une femme nous indique la boutique de Delphine : il faut s'arrêter à «presque Lacoste» ! Le logo de Delphine est un renard...pas vraiment semblable au croco !

Un nouveau barrage de police ! On s'arrête... le gendarme royal (ben oui : au Maroc, il y a un roi qui a sa gendarmerie, son armée...) donc royal le gendarme et...mort d'ennui malgré son air martial. «Bonjour, vous allez bien ? Et la famille?» et il attend...attend...Mais quoi ? Avec un joli sourire, je tente : «Vous voulez voir nos papiers ? Une fiche de police ? » Stupeur royale du gendarme qui nous lance : «Vous vous arrêtez pour rien, vous ?!! » Excès de zèle notre part ! Il va falloir qu'on se surveille : on mollit !!!!

 

24 décembre 2010. 22°. En tenue estivale !

La route serpente à travers le début du Sahara Occidental et les vents de sables sont fréquents. Ils créent des sortes de congères de sable, propices à une sortie de route brutale ! Jean-Paul roule vite mais ne relâche pas son attention...Et nous arrivons à bon port à Llayoune.

Un caillou rebondit sur le pare-brise : nous avons désormais un éclat... Espérons que çà tiendra le voyage ! Il n'y a qu'à Agadir qu'il existe une possibilité de réparation et nous ne voulons pas faire demi tour ! Inch Allah !

Nous sommes étonnés des profonds changements au Maroc. Par rapport à notre voyage 2005/ 2006, les tracteurs ont fait leur apparition, ainsi que de superbes autoroutes, les voies rapides, contournements de villes et ronds points. Les villes se développent et les complexes touristiques poussent comme des champignons. Pourtant, les maisons misérables, en partie écroulée, les bergers, les troupeaux de chèvres squelettiques rappellent que le développement économique cause bien des exclus.

Llayoune. Camping du Nil : OUF !!! Enfin ! Aucun changement par rapport à 2005 ! Même piste d'accès ! Même portail ! Même bloc sanitaire...Pour un peu on verrait débouler Maurice de derrière  son Patrol : « Alors, les gars ! On en est où du timing ? » Le camping-car est décoré d'une guirlande clignotante, notre sapin de Noël est illuminé, le foie gras attend sagement son heure ainsi que deux belles dorades. Demain, notre route sera longue et monotone mais ce soir : c'est la fête !

Joyeux Noël à vous !

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